Construire la grève générale !

mercredi 15 septembre 2010

Dès la rentrée, le Pouvoir nous impose un calendrier inédit : manifestation unitaire du samedi 4 septembre contre la xénophobie d’État, les lois CESEDA (Besson) et "sécurité intérieure" (Hortefeux) ; grève le lundi 6 dans l’Éducation, contre la mise en place dès le début d’année scolaire des contre-réformes qui cassent le service public ; grève interprofessionnelle pour le début du débat sur les retraites le mardi 7. Mais ce calendrier permet de construire une dynamique de reconduction de la grève et de gagner sur la défense des acquis. Encore faut-il mettre le maximum de chances de notre côté…

Combattre l’attaque globale du capitalisme

Si Sarkozy accélère ses "réformes" anti-ouvrières, c’est contraint par les exigences des forces libérales dont il est le serviteur : grand patronat, puissances d’argent, FMI, agences de notation… Autant de relais d’un capitalisme engagé dans une offensive globale qui se veut définitive contre les prolétariats européens, avec les blocages de finances publiques, les baisses de salaires des fonctionnaires comme du privé, le démantèlement des garanties sociales, avec en première ligne les retraites. Ce contexte montre bien que les retraites constituent l’attaque essentielle pour Sarkozy et ceux qu’il sert et qu’il faut maintenir et amplifier les convergences et la solidarité avec les travailleurs Européens qui, comme en Grèce, se mobilisent sur les mêmes axes qu’en France et pour l’annulation de la dette de leur pays.

Dénoncer les surenchères populistes

Le gouvernement - àcommencer par Woerth en charge du dossier retraites - n’en finit pas de se discréditer. Et les tentatives de Sarkozy de s’en sortir avec la discrimination des rroms et des gitans, avec la déchéance de la nationalité, lui font franchir la ligne rouge de la haine xénophobe, du populisme fascisant et achève de convaincre partout que les oripeaux républicains dont il prétend s’affubler taillent vraiment trop grand pour lui… Cela devrait permettre de faire de la manifestation unitaire du 4 septembre un premier test de la mobilisation contre les lois Besson et Hortefeux.

Exiger une riposte àla hauteur

Le succès, au-delàde toute attente, du 24 juin a clairement montré la détermination des travailleurEs du privé comme du public d’en finir avec l’agression contre les acquis sociaux, avec en première ligne les retraites.

Voilàqui rappelle les directions syndicales àleurs responsabilités. Ces dernières ont l’obligation de réussite, Il n’est plus possible de reculer, ni sur les retraites bien-sà»r, mais pas non plus sur les attaques contre les autres acquis sociaux, dont les services publics (École, Santé…) et professionnels (statuts, code du travail…).

Encore faudrait-il :
- proposer des revendications mobilisatrices et unifiantes pour renforcer la cohérence de la riposte syndicale sur l’axe central des retraites comme sur la défense générale des acquis.
- faire converger les initiatives plus sectorielles avec le front principal de la défense des retraites. La mise en cohérence des ripostes permet une défense globale plus efficace des différents axes revendicatifs. Et en stoppant l’attaque contre les retraites on peut gagner plus facilement sur le reste.

Retrait du projet Sarkozy-Woerth sur les retraites

Le 7 septembre - toutes les confédérations appellent àla grève - est un bon départ pour mobiliser. Encore faut-il fixer un objectif àla hauteur àcette mobilisation et lui donner les moyens de s’amplifier suffisamment pour espérer gagner. Le projet Sarkozy/Woerth n’est pas amendable : c’est son retrait qu’il faut exiger, avec le maintien des retraites à60 ans, àtaux plein avec 37,5 annuités, calculées sur les 6 derniers mois pour la FP et les 10 meilleures années dans le privé. Le financement peut être assuré par la suppression des exonérations de charges du patronat et le remboursement des dettes accumulées par ce dernier, qui doit assumer sa part du salaire indirect mutualisé. Voilàqui relativise l’argument démographique et les hypothèses orientées du COR. !

À offensive globale, riposte globale

Pour imposer sa politique le Pouvoir compte sur un secteur croissant de non droit fragilisant de plus en plus les garanties sociales et professionnelles (chômeurs-ses, Sans-Papiers, jeunes condamnéEs aux stages et contrats "aidés", non titulaires et autres précaires…). Il est essentiel d’intégrer dans les mobilisations de chaque secteur ces hors-statuts et leurs revendications. Les luttes des différents secteurs renforcent la mobilisation globale, àcondition d’insister sur leurs liens avec l’affrontement principal sur les retraites. Il en est ainsi du retrait de tous les textes qui visent àen finir avec les services publics et les acquis du mouvement syndical (contre-réformes de l’hôpital, de la formation des maîtres, du lycée, du droit de grève, du "dialogue social"…) et la création de tous les moyens nécessaires pour améliorer les conditions des personnels, comme des usagers.

Dans l’éducation l’appel àla grève du 6 septembre est un élément important de la dynamique de rentrée, àcondition qu’y soient affirmés les impératifs ci-dessus.

Reconduire la grève, vers la grève générale

Les organisations syndicales ont la main en cette rentrée, mais il n’est pas question de laisser leurs directions la perdre. Rien de tel alors que de réunir des AG de grévistes pour définir leurs revendications et leurs formes d’action. Il n’est pas question de les laisser, une fois de plus, gaspiller les mobilisations très fortes de ces dernières années, avec leurs journées d’actions mensuelles ou bimestrielles. Raison de plus pour que les AG s’engagent àreconduire la grève du 6 au 7, puis au 8, se coordonnent àtous les niveaux et se donnent les moyens de contrôler, aux côtés des syndicats, la dynamique et la stratégie du mouvement.

Il n’est pas non plus question de les laisser une fois encore rater l’extension des mouvements comme cette année celui d’Ile de France. Raison de plus pour proposer aux syndicats d’appeler àdes initiatives de centralisation et de développement du mouvement.

Il n’est pas plus question de les laisser, une nouvelle fois, prétexter l’unité pour s’en remettre au minium revendicatif, au plus petit dénominateur commun de l’action ou àla première proposition dilatoire gouvernementale venue. Raison de plus pour que les AG exigent d’avoir des observateurs au niveau des intersyndicales et des réunions de négociation (charge aux AG aussi de déterminer s’il s’agit de vraies réunions de négociation, sur la base d’un réel rapport de force, ou de simples entrevues de dialogue social, qui sont àboycotter).

Il n’est pas du tout question de les laisser une nième fois se diviser pour d’illusoires avantages boutiquiers. Raison de plus pour que les AG les mettent en garde sur les illusions du dialogue social de Sarkozy.

Il ne saurait être question pour la troisième année consécutive de renvoyer la poursuite de l’action au 29 septembre et au 7 octobre, sous prétexte que ce sont des appels de la Confédération européenne "des syndicats", ou de la Confédération "syndicale" internationale. Raison de plus pour que les AG poussent àentrer en contact avec les syndicats et structures qui sont en lutte au niveau européen.

Il n’est pas question enfin de les laisser stopper l’action, sous prétexte qu’il n’y aurait pas d’alternative politique. Raison de plus pour les AG de les appeler àparticiper, dans la plus grande indépendance syndicale, àl’élaboration de propositions alternatives àla politique de ce gouvernement, qu’il faut affronter, sans attendre 2012.

La grève générale n’est-elle pas la meilleure façon de hâter l’alternative politique ?

C’est sur les bases ci-dessus qu’Émancipation appelle àréussir la grève du 6 septembre, àla reconduire le 7 et les jours suivants, jusqu’àce que le projet Sarkozy / Woerth soit retiré.

C’est sur ces bases que les militantEs d’Émancipation interviendront dans leurs syndicats respectifs, ainsi que dans les AG et les coordinations.

Émancipation Tendance intersyndicale, le 15 Aoà»t 2010