La Rentrée ? C’est dès maintenant !

L’Émancipation n°10, juin 2011, l’édito
samedi 25 juin 2011

Face àdes attaques continuelles qu’on n’en finirait plus de lister, force est de constater que les réactions syndicales ne furent guère àla hauteur (le conflit sur les retraites en est l’illustration). Le puzzle du démembrement de l’Éducation nationale n’est que trop souvent appréhendé “réforme†par “réforme†, secteur par secteur, sans que la logique de l’ensemble ne soit prise en compte.

Confrontés àla rentrée scolaire catastrophique qui s’annonce, les syndicats “représentatifs†ont pour unique perspective de gagner les élections professionnelles, ou plutôt, devrait-on dire, de perdre le moins possible. Par la signature des funestes accords de Bercy, ils ont accepté de fait les règles du jeu voulues par l’État-Employeur : peu de confédérations et de fédérations ont condamné publiquement la mise au pas des organisations syndicales (tant sur le point de vue financier, matériel et humain que sur leur existence même, le vote électro-nique – qui se traduira par une moindre participation – en est l’illustration).

Et pourtant, la sérénade gouvernementale des tables rondes, concertations, négociations continue … alors que tout monde sait que tout cela ne sert qu’àfaire passer le brouet, qu’il n’y a rien ànégocier, que la concertation n’est qu’un leurre, mais "il ne faut pas désespérer Billancourt" ou la Rue des Lilas !

Face àce syndicalisme d’accommodement, àcet enrégimentement syndical, il nous faut, encore et encore, remettre en avant l’action syndicale et la mobilisation collective.

Nous avons d’ailleurs des atouts pour cela : les mouvements de résistance et de refus prennent de l’ampleur et nos collègues et camarades de travail ont su, àchaque fois que l’occasion s’en présentait, répondre favorablement aux appels àla grève (souvent de manière bien plus massive que lors de manifestations/rassemblements hors temps de travail qui ne servent qu’àjustifier l’inaction syndicale).

Face aux conditions de la rentrée, il nous faut plus que jamais nous mobiliser, pour, chacunE dans nos organisations syndicales, Å“uvrer à :

  • une journée de grève dès la rentrée dans le cadre unitaire le plus large possible, s’accompagnant d’AG pour informer et mobiliser les collègues pour les suites de l’action ;
  • un bilan des moyens volés àl’école publique : suppressions de classes et de formations, de postes et d’emplois ;
  • une campagne d’explication sur l’extension àla rentrée du fichage des élèves (Base-élèves, AFFELNET 6ème, SCONET) et des compétences de l’école du socle commun (Livret personnel de compétences LPC) de l’École au Collège, et contre leur mise en place ;
  • des prises de contacts avec les organisations de parents d’élèves, et aussi d’étudiantEs et de lycéeNNes, pour que ces actions soient les plus larges et massives possibles ;
  • la diffusion large des informations indispensables et des initiatives existantes, accompagnée d’un calendrier de mobilisation prévu avant la fin de l’année scolaire.

Vaste chantier auquel la Semaine d’Émancipation pour sa part s’attellera dès juillet.

Philippe Levet,